lundi 15 mars 2010

en attendant le spectacle...

Le 29 mai prochain, deux apprenantes de La Boîte aux Lettres monteront sur scène à la Scène Nationale dans le spectacle MEMOIRE(S). Actuellement elles participent à un atelier d'écriture avec Zaïra Benbadis et une dizaine d'alençonnais. Pour vous donner envie de venir au spectacle, Louise vous propose de découvrir en avant première ses textes.
Bonne lecture et rendez-vous le 29 mai à 19h30.


18, 19, 20, 22 ans

J’ai fait ma valise à 18 ans. J’ai retrouvé un copain d’enfance qui est devenu mon conjoint. On s’est fréquenté, on s’est installé, on a construit notre propre cocon, notre nid de couple.
A 19 ans, nous avons eu un enfant. C’était merveilleux.
A 20 ans je m’occupais de mon fils. J’ai découvert ce que c’est qu’être mère : l’éducation, le respect qu’on se doit dans une famille. Surtout ne pas reproduire ce qu’on a subi.
A 23 ans une fille, symbole de l’amour, arrive. Pour moi, une fille ça a changé beaucoup de choses. J’ai pu lui donner tout ce que j’ai manqué.
Les enfants c’est l’aboutissement d’un amour éternel.



Les images furtives de l’appartement de mon enfance

Je rends hommage à ma grande sœur et mon beau-frère qui m’ont accueillie, qui m’ont donné de l’amour, qui m’ont ouvert les portes de leur vie et de leur maison.
Quand j’ai franchi la porte de leur appartement j’ai vu la propreté de leur couloir. Ca brillait, ça sentait le propre.
Ils m’ont donné une deuxième vie.
Je me rappelle que mon beau-frère a fait pour moi une fresque de Blanche Neige et les Sept Nains sur le balcon.
Ils m’ont offert une deuxième famille, un bien être. Ils m’ont permis d’avoir toutes les joies de l’enfance.
Chez ma sœur et mon beau-frère, nièces et neveux, j’ai su ce que c’était l’enfance.



Louise, Louisette, Andréa

Mon nom dans les années 68.
Mon nom s’est imposé à ma toute jeune vie sur terre. J’aurais aimé que mes parents me consultent, car on porte (ou on supporte) son nom de la naissance à la mort.
C’est comme le baptême. J’aurais bien voulu être consultée.
En 68 pour moi s’appeler Louise c’était porter sa croix. Les autres, elles s’appelaient Nathalie, Patricia, Marie-Line, Claudine… Des Louise il y en avait très peu.
J e n’aime pas mon prénom. J’aurais aimé changer de prénom.
Mon troisième prénom, c’est Andréa. Celui-là j’aurais voulu me l’accaparer. De toute façon je l’ai déjà.
Dès mon enfance on m’a surnommée Louisette. Celui-là je l’ai aimé, je me suis mariée avec.
Au fil du temps, je me suis adaptée au doux nom de Louise. A cette époque-ci des petites Louise se sont présentées à la vie et j’ai aimé ce prénom. Et cela m’a réconforté avec mon passé.

Aucun commentaire: